Les cas pratiques du reçu

Mécénat d'entreprise : quand les contreparties deviennent abusives

En bref

Le mécénat d'entreprise autorise des contreparties, mais leur valeur doit rester dans une disproportion marquée avec le don : l'administration admet un rapport de 1 à 4, soit 25 % du don au plus. Quand l'avantage publicitaire prend trop de place, l'opération bascule dans le parrainage et la réduction d'impôt peut être refusée, comme l'a rappelé le Conseil d'État en 2020.

La règle

Les contreparties constituent un avantage offert par le bénéficiaire au donateur, en plus de la réduction d'impôt. Leur valeur doit demeurer dans une « disproportion marquée » avec le montant du don. L'administration admet un rapport de 1 à 4 : la valeur des contreparties ne doit pas dépasser 25 % du montant du don.

À éviter

Un don de 10 000 € avec 6 000 € de contreparties

Mieux

Un don de 10 000 € avec au plus 2 500 € de contreparties

Les contreparties de communication ont leur propre limite

Pour les contreparties immatérielles, comme la présence du logo du mécène sur les supports de communication, la valorisation est limitée à 5 % du don pour un projet de portée régionale et à 10 % pour un projet de portée nationale ou internationale. L'administration donne cet exemple : pour un mécénat de 100 000 € en faveur d'un musée, 25 000 € de contreparties au total, dont 10 000 € au plus de communication, soit 15 000 € de contreparties matérielles.

Quand cela bascule : le parrainage

Dans le parrainage, le versement n'est pas un don : il rémunère une prestation de publicité rendue par l'organisme, et il n'ouvre pas droit à la réduction d'impôt du mécénat. La doctrine donne un exemple : si une entreprise exigeait, en contrepartie de son mécénat « technologique », que le musée équipe son centre de recherche exclusivement de son matériel informatique, la contrepartie serait une prestation directe de services et l'opération relèverait du parrainage.

Ce que le juge a dit en 2020

Dans une décision du 20 mars 2020 (n° 423664), le Conseil d'État a jugé que le bénéfice de la réduction d'impôt suppose que l'avantage publicitaire retiré par l'entreprise ne représente qu'une contrepartie très inférieure au montant des versements. L'affaire concernait une société qui versait des sommes à une association organisant des courses automobiles, et dont l'administration avait remis en cause la réduction d'impôt.

Le Conseil d'État a écarté un raccourci : associer le nom de l'entreprise à l'événement ne suffit pas, à lui seul, à faire un parrainage, quelle que soit la valeur de l'exposition. Il faut mesurer la valeur de l'avantage retiré par rapport au don. Le raccourci inverse est tout aussi dangereux : un don « signé » n'est pas pour autant à l'abri.

Ce que risque l'association

Selon Admical, un organisme qui ne respecte pas la disproportion marquée s'expose, en cas de contrôle, à une amende de 25 % du montant du don. L'entreprise, de son côté, est tenue de déclarer la valeur des contreparties reçues : voir Valoriser les contreparties accordées à une entreprise mécène.

La décision du Conseil d'État est résumée d'après des commentaires juridiques : lisez-la pour le détail de l'affaire. Pour un cas précis, demandez l'avis de l'administration, par exemple par un rescrit.

Sources

Informations générales, à vérifier selon votre situation. Pour un cas particulier, rapprochez-vous de l'administration ou d'un professionnel.

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